12 février 1800 – Décès d’un Autrichien

mendiant
mendiantL’an huit de la République française et le vingt trois pluviose à dix heures du matin nous Jean ROCHE juge de paix de cette commune et canton de Saint-Chamas département des Bouches-du-Rhône et officier de police judiciaire, sur l’avis à nous donné de la part du citoyen Louis SAPET agent municipal de la commune de Miramas suivant sa lettre de ce jourd’hui qu’il avoit trouvé un cadavre mort sur le chemain d’Eyguières au quartier de Saint Souspir terroir de Miramas, nous nous sommes sur cet avis transporté de suitte en compagnie du citoyen Estienne LAGET assesseur, du dit citoyen Louis SAPET agent municipal, du citoyen CHAPUS officier de santé de cette commune de Saint-Chamas, de notre secrétaire greffier, et d’Aman AUTHEMENT notre huissier, au dit quartier de Saint Souspir, ou étant arrivés vis a vis la propriété du citoyen Joseph PAUL, sise au dit quartier et sur le grand chemin d’Eyguière, nous avons trouvés un cadavre masculin guissant par terre dont la moitiéz dudit cadavre étoit sur le grand chemin et les jambes dans un fossé qui nous a été déclaré etre un autrichien qui nous a paru etre agé d’environ vingt cinq ans d’une taille de cinq pieds trois pouces les cheveux chatain vétu d’une veste rouge, pantelon bleud de mauvais bas avec les souliers en formes de brodequin et une mauvaise chemise blanche n’ayant sur lui aucun papier d’aucune espèce ayant seulement deux sols ou dix centimes ayant aussy une petite besace contenant un petit morceau de pain et un petit sacquet dans lequel étoient remfermer un peigne pour les cheveux, un petit pot pour se gresser les cheveux.
Et au même instant le dit citoyen CHAPUS officier de santé ayant fait la visite du dit cadavre, nous a déclaré que ledit cadavre n’avoit aucun coup ny constution est qu’il paroissoient etre mort d’un évanouissement par le manque de subsistance, et a le dit CHAPUS officier de santé signé avec nous ainsy que le dit SAPET. Signé ROCHE juge de paix, LAGET assesseur, CHAPUS officier de santé, Louis SAPET agent municipal, AUTHEMENT et Paul BERNARD secrétaire greffier sur la minutte.
Et de suite nous avons procédés à l’information des cause et sirconstance de sa mort dudit défunt ainsy qu’il suit. Les citoyens Louis et Jean Marie CHIRON frère fils de feu Louis CHIRON, demeurant a la bastide située au quartier de Saint Souspir lequel on dit que le vingt pluviose sur le déclin du jour, le dit défunt avoit passé au devant de la bastide et lui avoit demander l’hospitalité d’un langage qu’il ny comprené rien que cepandant, sur les diverses paroles qu’il profera il leur fit entendre qu’il étoit un autrichien et qui le reconnoisse bien pour etre le même et qu’il avoit la figure d’une personne bien malade. Et on déclaré ne savoir signé.
Ce fait nous avons laissé ledit cadavre à la possession dudit SAPET agent municipal qu’il s’en est chargé de faire inhumer suivant l’usage.
Dont et du tout ce que dessus nous avons fait et dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison et nous sommes sousigné. Signé ROCHE juge de paix, LAGET assesseur, Paul BERNARD greffier sur sa minute.
Collationné conforme a l’original Paul BERNARD sur sa minute.
Transcrit par ordonnance du juge de paix de notre canton le présent procès verbal dans nos registres de décès de notre commune le vingt quatre pluviose an huitième de la République française par moy Louis SAPET agent municipal de cette commune de Miramas et signé Louis SAPET agent municipal.
Ce jourd’huy vingt quatre pluviose an huitième de la République française à dix heures du matin par ordonnance du juge de paix de notre canton j’ay moy officier de l’état civil de cette commune de Miramas canton de Saint-Chamas département des Bouches-du-Rhône, assister à l’inhumation dudit cadavre dénomé cy dessus et je l’ay accompagné au champs de repos, et j’en ay dresser le présent acte que j’ay signé.

Louis SAPET agent municipal

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