Les paroisses du diocèse d’Aix

chapelle saint-Julien
(photo personnelle)
Article « Miramas » tiré du livre Les paroisses du diocèse d’Aix. Leurs souvenirs et leurs monuments. Tome II : paroisses de l’ancien diocèse d’Arles, par l’abbé M. Constantin, curé de Rognes, Aix 1898.
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MIRAMAS LE HAUT
Miramare
 
Fièrement campé sur une éminence, à l’entrée de la Crau, et défendu par des murailles féodales, le vieux Miramas jouit d’une vue superbe sur l’étang de Berre. C’est de la beauté du panorama qu’il a tiré son nom qu’on retrouve souvent assigné aux lieux d’où l’on découvre un large horizon maritime.
Le castrum, que les Romains avaient peut-être fondé, fut bâti, après les invasions sarrasines, par les premiers seigneurs de la maison des Baux. Au XIème siècle, l’un d’eux, probablement Guillaume Ier, le vaillant croisé qui dota généreusement plusieurs monastères, en fit don à l’abbaye de Montmajour, se réservant la suzeraineté. Mais ces successeurs regrettèrent d’être dessaisis d’une position si forte et travaillèrent à la recouvrer.
Inutilement d’ailleurs, car, l’an 1150, il fut jugé, en l’île Ugernica (Jarnègues) près Tarascon, que l’abbaye avait seule droit sur le château de Miramas et ses dépendances. Cet arrêt fut rendu à la requête de l’abbé Pons II contre les prétentions d’Hugues de Baux, en présence du comte Raimond-Béranger.
Au mépris de cette sentence, demi-siècle plus tard, Raimond de Baux s’emparait de Miramas, mais bientôt, effrayé par les menaces de l’empereur et les anathèmes du pape, il restituait la forteresse à ses maîtres légitimes. Et peu après, dans une bulle de 1204, Innocent III confirmait à Montmajour « castrum de Miramas et ecclesiae ejusdem castri cum omnibus pertinentiis suis », et Othon IV, dans un privilège accordé à Montmajour en 1210, inscrivait parmi ses possessions « castrum de Miramas cum integritate et pertinentiis ». Nouvelles difficultés entre le suzerain et le vassal : l’abbé Guillaume de Bonnieux et Raimond de Baux s’en remirent cette fois à l’arbitrage de Bermond Cornuti, archevêque d’Aix, et de Guillaume de Monteil, évêque d’Avignon, qui, le 16 mai 1215, reconnurent que la haute seigneurie de Miramas appartenait sans conteste à la maison des Baux, et décidèrent que, pour se soumettre à cette suzeraineté, l’abbé paierait à Raimond un tribut de 200 sous qui pourrait être levé sur les hommes du lieu. Raimond de son côté désavoua plusieurs abus qu’il s’était permis contre les droits des moines : pour les réparer et afin d’obtenir repos « à son âme, à celle de ses parents et de ses descendants », il s’engagea à payer 200 livres à l’abbaye. A l’abbé qui promettait de ne jamais lui faire la guerre, Raimond jura de protéger et défendre ses possessions toujours.
Cette sentence, loyalement exécutée de part et d’autre, solennellement renouvelée en 1316, au monastère de N.D. de Nazareth, à Aix, par l’abbé Bertrand et Guillaume de Baux, seigneur de Berre, ouvrit pour Miramas une ère de paix et de prospérité. A l’abri de la coule noire qui se balançait au-dessus du donjon de compagnie avec l’étendard abbatial rouge et bleu, les moines et les paysans entreprirent de grands travaux d’assainissement dans les bassins supérieurs de la vallée dont ils transformèrent les marais en terrains de riche culture. Ces canaux qui portent à l’étang les eaux autrefois stagnantes, taillés à pic, sans revêtement ni maçonnerie dans la cuvette, ont trois mètres de hauteurs sur des sections qui dépassent quelquesfois un kilomètre.
Aussi le prieuré de Miramas devint-il un des riches bénéfices de Montmajour à qui, au XVIIIème siècle encore, il rapportait plus de 12.000 livres par an. A la suppression de l’abbaye, en 1786, il fut uni à la mense archiépiscopale d’Arles.
Dans la liste de 1213, « ecclesia S. Marie de Miramare » est taxée 6 deniers synodaux.
Le 16 juin 1222, Miramas fut cédé temporairement à la ville d’Arles. L’abbé Guillaume de Bonnieux et ses moines ayant besoin d’argent, cédérent le château et son territoire pour dix ans au podestat et au conseil de la république, moyennant 30.000 sous raymondins neufs. A cause des traités avec le suzerain, il fut stipulé que la ville d’Arles ne pourrait se servir du château pour faire la guerre à Raimond de Baux, seigneur de Berre et d’Istres, à moins que celui-ci ne fût l’agresseur. Cet acte renferme en outre le relevé de la vente du bétail et des denrées que les moines n’avaient point voulu emporter en quittant Miramas. Une mule est estimée 7 livres; une autre, animal de choix, 100 sous soit environ 60 francs; quatre boeufs, vingt livres; dix cochons, 100 sols; le septier de froment, six sols; celui d’orge, 3 sols, celui de fève un sol, etc.
Hugues de Miramas, chanoine d’Arles, signa comme témoin, le 13 novembre 1214, l’acte par lequel le vicomte de Marseille Roncelin, « necessitate compulsus et a quibusdam creditoribus vehementer coactus », vendit à l’abbaye de Saint-Victor, pour 100 livresroyaux coronats, le château de Juillans, au diocèse de Marseille.
Guillaume de Miramas, précenteur du chapitre d’Arles, mort en 1239, est inhumé dans le cloître de Saint-Trophime.
Le château de Miramas a joué un rôle important durant la Ligue. Inutilement assiégé par de Vins en octobre 1589, il fut emporté le 8 décembre 1590, troisième jour du siège, par le duc de Savoie Charles-Emmanuel, qui venait de s’emparer des citadelles de Rognes et de Salon. Honorable fut la défense : les assiégés, dans une sortie, avaient pénétré dans le camp ligueur et y avaient fait de sérieux dommages, mais, ne pouvant lutter contre des forces supérieures et un bombardement destructeur, ils se rendirent à composition, avec tous les honneurs de la guerre. Beaucoup de maisons étant devenues inhabitables, de nombreux habitants allèrent se fixer à Saint-Chamas. Ceux qui restèrent établirent au-dessus de la porte de la citadelle, dans une niche intérieure, une statue de N.D. de Pitié, symbole pieux de la tristesse qui les oppressait.
Moins affligés durent-ils se montrer le jour que le cadavre du chef redouté de la ligue arlésienne leur fut apporté. Le lieutenant Biord fut surpris par un parti ennemi, le 16 mars 1592, au mas de Pernes, en pleine Crau, à demi-lieue au sud de Saint-Martin. « Il poussa à toute bride son cheval, qui était de prix et des meilleurs, dit l’annaliste Rebattu, en façon qu’il demeure arrêté sur les dents, se met à genou, crie d’avoir pitié de lui. Ses ennemis n’y veulent entendre, l’abordent et lui font souffrir la mort. Après l’attachent par le col aux rênes de son cheval et sans lui rien ôter le laissent en cette façon étendu à travers champ.” Le sieur de Lamanon, sitôt informé, se rendit sur les lieux, fit enlever le corps et le fit porter à l’église de Miramas, où il n’aurait pas cru d’être enseveli ».
Un procès-verbal du XVIème siècle, rapporté dans les papiers de M. Bonnemant, marque, dans le trésor de l’église de Miramas, « des reliques du bienheureux Constantin, empereur, et de sainte Hélène, sa mère ». Ce fait est une preuve nouvelle de la vénération qui, tant en Occident qu’en Orient, s’attacha à la mémoire du premier empereur chrétien, à qui les écrivains hostiles au catholicisme n’ont point pardonné d’avoir hâté de quelques années la conversion du monde. Ce culte commença à Rome, dès la nouvelle de sa mort : « On eût dit une cité prise d’assaut, rapporte Eusèbe. Les rues se remplirent d’une foule désolée dont les lamentations rompirent seules le silence général. L’empereur est mort, disaient mille voix. Le bienheureux ! le saint ! l’homme de Dieu ! – Bientôt tous les édifices furent couverts de tableaux où le portrait du prince était représenté au milieu des splendeurs du ciel, dans l’assemblée des saints(1) ».
On attribue le nom de Constantine, porté par l’agglomération la plus importante de la commune de Miramas, à une origine autre que le nom de l’empereur. On peut cependant remarquer, au moins comme coïncidences, qu’à deux lieues à peine de l’église qui possédait des reliques du grand empereur et de sa mère, s’étend l’emplacement du camp antique de Constantina, s’ouvre cette plaine de la Crau au-dessus de laquelle resplendit un jour la croix triomphante, dorment les ruines de la chapelle Sainte-Croix, dont le nom seul rappelle la gloire de sainte Hélène.
Dans une lettre pastorale du 17 janvier 1784, Mgr du Lau annonça qu’il avait dessein d’obvier à des abus funestes à la vie des femmes et au salut des nouveaux-nés, abus que l’ignorance ou la cupidité des matrones rendaient de plus en plus fréquents. Développant la pensée du De Officiis, de saint Ambroise, « le prêtre ne doit nuire à personne et doit se rendre utile à tous », le charitable archevêque annonçait qu’à partir de 1785, un cours d’accouchement, d’un mois de durée, serait fait à ses frais, à l’hôpital d’Arles; que toutes les femmes munies d’une recommandation de leur curé y seraient admises ; qu’elles recevraient chacune trente livres pour frais de logement et une indemnité de voyage proportionnée à la distance, le tout des deniers de l’archevêque; que toutes les paroisses du diocèses jouiraient de cette faveur, par séries; qu’en cette première année ces fonds seraient fournis aux accoucheuses de Jonquières, Comps, Mollégès, Vernègue, Aureille, Maussanne, Saint-Martin de Castillon, Saint-Etienne, Lansac, le Sambuc, Saint-Trophime du Plan du Bourg, Saint-Martin de Crau, Fos, Miramas, Cornillon, Rognac, Velaux, Châteauneuf, le Rove, Gignac, la Couronne.
Au moment de la Révolution, Miramas avait pour curé M. Julien(2) Couture, auteur de divers travaux scientifiques, parmi lesquels un Traité de l’Olivier(3) qui est demeuré classique. Il eut le malheur de prêter le serment schismatique(4) et d’accepter de l’évêque intrus la direction du séminaire d’Aix. Mort à Martigues en 1817.
Après le Concordat, la paroisse de Miramas fut une de celles dont Mgr de Cicé obtint le rétablissement, contre les propositions négatives du préfet Thibaudeau. 1790, 425 hab., curé nommé par l’abbé de Montmajour, prieur-décimateur, et depuis 1786 par l’archevêque; un vicaire. Avant le siège de 1590, il y avait trois vicaires. 1898, 300 hab., un curé-desservant, archidiaconé d’Arles, doyenné de Salon.
EGLISE, Notre Dame de Beauvezet et Saint-Vincent titulaire ; saint Julien, patron. Edifice sans caractère, de l’époque romane, avec abside ogivale où se remarque l’inclinaison de l’axe. Interdite avant la Révolution à cause de son délabrement, abandonnée durant cette période et passée à l’état de ruines, restaurée et rouverte en 1821. – Tableau Notre Dame, saint Mitre et saint Sébastien. – Sép. loco incerto, du chef de la Ligue arlésienne, le lieutenant Biord, +1592.

Eglise paroissiale Notre-Dame de Beauvezet 

L'église saint-Julien, Miramas-le-Vieux (photo personnelle)

L’église saint-Julien, Miramas-le-Vieux
(photo personnelle)

Dédiée tardivement à Saint-Vincent, comme celle de Baux de Provence, l’église Notre Dame-de-Beauvezer date probablement du XVème siècle.


La façade externe abrite au-dessus du portail une statue mutilée de
la Vierge à l’Enfant (XVIIème siècle). Elle est surmontée d’un écusson aux armes de l’Abbaye de Montmajour (deux clefs papales posées en croix) qui détenait les droits sur le village au Moyen-âge.

On pénètre à l’intérieur de l’église par une porte en tiers-point à arête et à archivolte décorée d’un boudin.

L’édifice se compose d’une nef à travée légèrement déviée, couverte en charpente. Il fut pourvu au XVème siècle d’une abside gothique à cinq pans voûtés d’ogives, dont la clef de voûte porte les armoires des abbés de Montmajour.

Dans une tourelle débouchant dans la sacristie, un escalier à vis permet d’accéder au clocher avec arcades à trois baies posées sur l’arc de triomphe.

 

CHAPELLES. – Saint-Julien, au cimetière. Beaucoup plus ancien que Notre-Dame qui fut construite au Xe ou XIe siècle, comme église castrale; on l’attribue au IXème siècle, c’est la paroisse primitive. Remarquez la guirlande du cintre sur la porte et les piliers massifs de l’intérieur; les sept degrés par lesquels on descend dans la nef ; les sièges des fidèles formés de long blocs de pierre; l’autel principal avec un retable en bois encadrant une curieuse peinture de saint Julien en soldat romain, le faucon au poing ; les débris d’une chaire romane en pierre, un bénitier ogival; sous l’autel est encastré l’autel du IXe siècle; – trois statues du saint : celle sur la porte, posant le pied sur une tête; celles à l’intérieur, l’une, dans la même attitude que la première, l’autre tenant le faucon au poing; attributs expliqués pp. 169-172. Fête le dernier dimanche d’août. La date de 1701 sur la porte indique l’année de la restauration de la façade. Le culte paroissial s’y est célébré une trentaine d’année avant 1821.

 

 

 

La chapelle saint-Julien 

chapelle saint-Julien (photo personnelle)

chapelle saint-Julien
(photo personnelle)

 

La chapelle Saint Julien, collée au cimetière, a été classée Monument Historique en 1928.

Ses dimensions sont modestes: 5, 50 mètres de largeur et 11 mètres de longueur comprenant une abside de 3, 50 mètres.

Le portail plein cintre conjoint à l’arête ornée d’un boudin s’encadre d’une archivolte simple mais caractéristique, avec un joli cordon de dentelures et de fleurettes en pointes de diamants.

La niche centrale, ajoutée lors d’une restauration de 1701, abrite une statue de Saint Julien qui pose le pied droit sur une tête symbole de son parricide.

L’œil de bœuf du pignon constitue le seul éclairage de l’édifice ; aux quatre angles, la chapelle repose sur d’épais contreforts.

Sainte-Croix, dont les ruines disparaissent a demi enlisées dans l’humus descendu des coteaux voisins, près du frais ruisseau de la Seigneurie; bâtie durant l’ère romane par les moines de Montmajour qui lui avaient donné pour vocable le nom de la chapelle célèbre qui attirait les pélerins auprès de leur abbaye.

 

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CONSTANTINE (1867)

(Miramas-Gare)

 

Cette petite ville doit son existence à l’établissement du chemin de fer de Saint-Chamas à Rognonas, section de la ligne P.L.M. inaugurée le 18 octobre 1847. Nous lui conservons le nom sous lequel elle a été connue jusqu’à ces dernières années, celui de Miramas n’ayant pas de sens, attribué à un pays d’où l’on ne peut voir la mer.

Il y a cinquante ans, l’endroit où s’élève la gare, se voyait une ferme isolée au milieu d’une prairie. Restaurée en 1837, elle avait à cette occasion changée son nom de Paty en celui de Constantine, en souvenir de la prise récente de cette ville(5).

La population que les travaux de la voie ferrée avaient attirée ne se dispersa point tout entière, quand les chantiers eurent été licenciés. 400 habitants environ restèrent groupés proche la gare de Constantine.

Eloigné de l’église de Miramas, plus peuplé que son chef-lieu paroissial, ce quartier avoit besoin d’une chapelle de secours. Le maire Castagne exposa la situation à l’autorité diocésaine, dans une lettre du 28 août 1852, où il formulait des prévisions que le temps a justifiées : “Constantine est appelée à devenir un centre intéressant de population, lorsqu’aura été réalisé le projet d’un double embranchement de cette station au port de Bouc et aux bords de la Durance par les gorges de Lamanon.”

Aux démarches du maire, les habitants joignirent leurs pétitions. Comme le pays manquait de salle spacieuse, on tint dans la salle d’attente de la gare, le 14 mai 1859, la première réunion pour se concerter et recueillir les signatures. M. Talabot, directeur de la compagnie P.L.M., invité, se fit excuser “parce que les soins donner aux transports de la guerre absorbent tous mes instants”(6), mais il manda qu’on le tint au courant. Cette demande n’était pas une formule banale transmise pour esquiver un acte de générosité. La Compagnie fit en effet dresser les plans de l’église et du presbytère par M. l’ingénieur Quetin, et donna 5.000 francs.

La première pierre de la chapelle fut posée par Mgr Chalandon le 7 septembre 1861, sur un terrain de 2.000 m. carrés donnés par M. Jourdan; le même archevêque bénit le monument le 20 mai 1862.

Les habitants de Constantine désiraient mieux. Ils demandèrent que leur chapelle fût érigée en paroisse, et alors s’engagea entre le village de la colline et celui de la plaine, pour ou contre le statu quo, une lutte aux vives péripéties. Conflit terminé par le décret du 19 juin 1867, créant la paroisse de Constantine. En prévision de ce décret, le quartier avait été soustrait à la juridiction du curé de Miramas depuis le 1er juin 1866. Un prêtre s’était fixé près la gare, mais avec le titre de curé d’Entressen, paroisse qu’il desservait en même temps. Le 1er janvier 1868, il prit possession de son nouveau titre de curé de Constantine.

Construite à la hâte, l’église dut bientôt être agrandie et restaurée en entier; elle fut bénite le 13 octobre 1872 par le vicaire général Reynaud. Un cimetière fut ouvert le 18 avril 1880.

Peuplée de 400 habitants en 1847, de 700 en 1880, de 1.200 en 1890, Constantine dépasse aujourd’hui 2.000 habitants, grâce surtout au personnel important, mais flottant, du P.L.M. Tout indique que le mouvement n’est point terminé. La mairie y a été transférée en 1894. Puisse marcher de pair avec les autres progrès, le plus nécessaire de tous, le progrès religieux. – Un curé desservant, archidiaconé d’Arles, doyenné de Salon.

Eglise style XIIIè siècle, 1862-1872, dédiée à saint Louis, roi, patron du pays. Chaire, Vian, don de la famille Olive. Edifice gracieux mais insuffisant. Nouvelle cloche, Baudoin fondeur, bénite par le vicaire général Guillibert, 25 août 1896.

 

 

 

La première église Saint-Louis de Miramas, à l’emplacement de l’actuel monument aux Morts construite en 1861, démolie en 1920 (carte postale, collection personnelle)

La première église Saint-Louis de Miramas, à l’emplacement de l’actuel monument aux Morts construite en 1861, démolie en 1920
(carte postale, collection personnelle)

 

 

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Notes.

(1) De vita beatiss. Constantini, IV. – Le grand empereur n’est point inscrit aumartyrologue romain, mais sa fête se célèbre en plusieurs diocèses d’Angleterre,de Suède, de Calabre, de Moscovie et de Bohême. Dans toute l’Eglise grecque elleest fixée au 21 mai.Retourner au texte.

(2) C’est une erreur, le curé COUTURE se prénommait Claude. Voir son acte de baptême du 22 mars 1738 à Martigues, paroisse de l’Isle.

(3) Traité de l’Olivier, présenté à NN. SS. les Procureurs des gens des trois Etatsdu Pays et Comté de Provence, par messire Couture, curé de Miramas, de l’Académiedes Arcades, 2 vol. in-8° avec planches, Aix, chez David 1786. – Cette année,M. Couture fut élu membre de l’Académie de Marseille.

(4) La loi sur la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790 par l’Assemblée nationale constituante, devait remplacer le Concordat de 1516. Elle visait à réorganiser en profondeur l’Église de France, transformant les prêtres paroissiaux en « fonctionnaires publics ecclésiastiques ». Il devait par conséquent prêter serment à l’Etat. Les membres du clergé restés fidèle à Rome refusèrent de prêter serment et furent considérés comme suspects et contre-révolutionnaires.

(5) La prise de la ville de Constantine, en Algérie, par l’armée française eut lieu le 13 octobre 1837. Une autre histoire raconte qu’elle fut nommée ainsi en l’honneur de la propriétaire, unedame Constance.

(6) La campagne d’Italie, aussi appelée guerre d’Italie en 1859 correspondant à la deuxième guerre d’indépendance italienne voit s’affronter l’armée franco-piémontaise sous le commandement de Napoléon III à celle de l’empire d’Autriche. Elle est la première guerre où fut utilisé le chemin de fer pour le déplacement de l’armée française.

 

 

Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône

Vue générale
(carte postale, collection personnelle)
Cette description de Miramas provient du tome VIII de l’Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône consacré aux monographies communales. Par le biais d’enquêtes et de lettres circulaires envoyées en 1911 et 1932, les instituteurs, les secrétaires de mairie, ou même de simples correspondants eurent à répondre à un questionnaire sur leur commune composé de 24 questions élaborées par les rédacteurs de l’encyclopédie, avec l’appui de l’administration préfectorale.

Vue générale (carte postale, collection personnelle)

Vue générale
(carte postale, collection personnelle)

 

I. — HISTORIQUE

1. — Origines, Antiquité : Nom de la commune, étymologie. Vestiges préhistoriques. Etat du lieu à l’époque romaine.

Miramare (1214), Miromari (1230), Miromaris. Etymologie possible : mirare-mar, voir la mer. Le nom s’appliquait d’abord au hameau actuel de Miramas-le-Vieux, perché sur un mamelon d’où on découvre une vue magnifique sur l’étang de Berre. Miramas actuel n’était qu’une ferme isolée au milieu d’une prairie et portait le nom de Paty; en 1837 elle fut restaurée et prit le nom de Constantine, en souvenir de la prise de la ville algérienne. L’établissement de la voie ferrée provoqua la naissance d’une petite ville qui, en 1893, prit le nom officiel de Miramas. — Sur le territoire, on a trouvé, jadis, des bornes milliaires aujourd’hui disparues; la Voie Aurélienne le traversait.

2. — Moyen Age : Etat féodal, administratif, ecclésiastique, communal, économique; faits historiques.

Au Moyen-Âge, les habitants du terroir se retirèrent sur la hauteur de Miramas-le-Vieux et s’y fortifièrent. Le château et la seigneurie appartinrent aux vicomtes de Marseille qui firent des concessions aux moines de Saint-Victor (donations de Geoffroy, de Pons en 1069). Saint-Victor dut céder ses droits à l’abbaye de Montmajour, car, en 1222, l’abbé de Montmajour et ses moines cèdent le château de Miramas et ses dépendances au podestat de la ville d’Arles pour dix ans. Après ce laps de temps, l’abbé rentra en possession de Miramas et ce jusqu’à la Révolution. Au XIIIème siècle, des portions de la seigneurie avaient été aliénées en faveur d’une maison qui portait le nom du pays : un Guillemus de Miromari figure dans les actes de 1228, 1230, 1238; un Ugo de Miromari était chanoine d’Arles en 1250.

3. — Temps modernes : Histoire aux temps modernes; état économique à la veille de la Révolution.

En 1590, le château fut assiégé et détruit par le duc de Savoie; les habitants se retirèrent à Saint-Chamas.

4. — Période contemporaine : Révolution; vente des biens nationaux. — Faits saillants postérieurs à 1800. Création de la commune si elle a eu lieu après 1790. — Variation du territoire de la commune de 1790 à 1930.

Les ventes de biens nationaux portèrent sur 69 lots dont 52 de biens ecclésiastiques. Le curé de Miramas, Julien Couture, auteur de travaux scientifiques, parmi lesquels un “traité de l’Olivier”, prêta serment à la Constitution civile et prit la direction du séminaire d’Aix. — Lors de la création de la gare à Constantine, en 1847, beaucoup d’habitants quittèrent le vieux village; Constantine eut une église en 1861, une cure en 1868, et en 1893 l’hôtel de ville fut transféré de Miramas-le-Vieux à Miramas-Gare. Miramas, qui avait d’abord été englobé dans le canton de Saint-Chamas en 1790, est passé à celui de Salon en l’an X.

5. — Monuments : Anciens, modernes et contemporains.

A Miramas-le-Vieux, église romane à abside ogivale, restaurée en 1821, dédiée à Notre-Dame de Beauvezet et à Saint Vincent; elle renferme le sépulcre de Biord, chef de la ligue arlésienne, mort en 1592. — Au cimetière, chapelle de Saint-Julien, c’est la paroisse primitive; on descend dans la nef par sept marches, les sièges des fidèles sont formés de longs blocs de pierre; l’autel principal a un rétable en bois encadrant une peinture représentant Saint Jullien en soldat romain, le faucon au poing. Ce monument a été classé en 1930. — Chapelle de Sainte-Croix, en ruines. Buste du botaniste Castagne. — A Miramas-Gare, église construite de 1862 à 1872 dans le style du XIIIème siècle, dédiée à Saint Louis, roi.

6. — Notes biographiques : Hommes remarquables nés dans la localité ou qui s’y sont distingués (brèves indications, date de la naissance et de la mort; s’il y a lieu, renvoi au Dictionnaire biographique de la publication). — Archives : Consistances du fond; date des plus anciennes délibérations,des plus anciens registres paroissiaux.

Castagne, botaniste, maire de Miramas, au milieu du XIXème siècle.

II. — GEOGRAPHIE

7. — Description : Particularités géographiques (curiosités naturelles), climatériques, biogéographiques, du territoire; nom et emplacement des divers quartiers.

Commune de 2.509 hectares, dont la partie occidentale empiète sur la Crau; tout le Sud et l’Est du territoire est couvert de collines calcaires à maigre végétation, encadrant des vallons et des bassins dont l’écoulement a été assuré par des canaux souterrains conduisant les eaux à l’étang de Saint-Chamas, canaux très anciens que les uns attribuent aux moines de Montmajour, les autres aux Romains. Altitude maxima, au Sud, 126 mètres; minima au Nord, 47 mètres.

8. — Topographie : Structure et déplacements des agglomérations.

Miramas est à 39 kilomètres d’Aix, à 54 kil. de Marseille, par 73 mètres d’altitude; c’est une petite ville neuve aux rues bien alignées. Miramas-le-Vieux est un mamelon dominant l’anse Nord-Ouest de l’étang; c’est un village entouré par les ruines d’un fort construit par le duc de Savoie; les ruelles y sont étroites et tortueuses. Les principaux quartiers de la commune sont : au Nord-Ouest, la Péronne, Font-Longue, Molières; au Nord, Arenier, Mourre-Blanc, Cabasse, Tartagu; au centre, Pélouquin, Taussanne, Saint-Martin, Coussié, Guérin; au Sud, les Madeleines, Mourette, Sainte-Croix, le Châtaignier, Canade, Corrèges.

III. — POPULATION

9. — Chiffres totaux : Population totale, agglomérées,éparse, en 1820, 1851,1911,1926, 1931. Nombre et nationalité des étrangers.

1820

1851

1896

1926

1931

—-

—-

—-

—-

—-

Population totale

489

669

2.129

5.161

5.922

Population agglomérée

316

272

4.532

4.675

Population éparse

173

397

629

1.247

Etrangers en 1851, 6; en 1930, 620.

10. — Mouvement : Natalité, nuptialité, divorces, mortalité.

En 1928, 1929, 1930 : naissances, 94, 113, 125; mariages, 24, 26, 33; divorces, 0, 2, 1; décès 53, 42, 50.

11. — Santé publique, Hygiène : Appréciation générale de l’état sanitaire, morbidité, épidémes; médecins, pharmaciens, sages-femmes. — Nombre de maisons en 1851, en 1911, en 1931; hygiène de l’habitation. — Alimentation en eau potable, adductions d’eau (dates, quantités, valeur au point de vue hygiénique). Eclairage électrique.

Climat salubre; état sanitaire satisfaisant quoique le choléra ait fait son apparition en 1832, 1854, 1884, 1885. Deux docteurs, deux sages-femmes, deux pharmaciens. — En 1851, 159 maisons; en 1930, 987, dont 281 construites depuis la fin de la guerre. L’eau potable est fournie par des eaux de puits refoulées dans un bassin d’alimentation. Miralas-le-Vieux est alimenté par les eaux de la source de Fontvieille. Le chef-lieu est éclairé à l’électricité depuis 1904; le projet d’électrification des campagnes est en cours.

12. — Instruction, état intellectuel : Ecoles : population (féminine et masculine). Fréquentation scolaire. — Ecoles disparues par suite de la loi sur les associations (nombre de leurs élèves). — Conscrits : nombre d’illettrés, degré d’instruction. — Bibliothèques, groupements littéraires, etc.

A Miramas-Gare : école publique de garçons, 10 classes, 354 élèves; école de filles, 10 classes, 344 élèves; école maternelle, 4 classes, 106 garçons, 104 filles; école libre de garçons; école libre de filles; classe enfantine libre; jardin d’enfants. A Miramas-village : école publique de garçons, 32 élèves; école de filles, 46 élèves. A Fontlongue,école diocésaine pour vocations tardives. A Miramas-Gare, école de préapprentissage créée en 1927. Fréquentation scolaire bonne.

13. — Travail : classement par professions (1851, 1911). Professions exercées par les étrangers (non Français, étrangers à la localité). — Syndicats ouvriers.

Population de propriétaires cultivateurs dans l’ensemble de la commune; à Miramas-Gare, population d’employés de chemin de fer et d’ouvriers. — Syndicat national des travailleurs des chemins de fer, créé en 1907, 20 membres. Syndicat des mécaniciens et chauffeurs des chemins de fer, 1906, 25 membres.

14. — Mutualités; Coopératives : Objet; nombre d’adhérents; budget, etc.

Société coopérative d’alimentation des employés des chemins de fer, 1892, 400 membres; 500.000 francs d’affaires en 1927. Société coopérative de crédit agricole, 1905, 45 membres, 42.000 fr. d’affaires; possède des silos à blé.

15. — Assistance : Dépenses d’assistance inscrites au bugdet communal. — Bureau de bienfaisance (budget, nombre d’assistés). — Hôptaux et hospices (date de la fondation, budget, origine des malades, leur nombre, maladies traitées). — Asiles d’aliénés publics et privés. — Oeuvres d’assistance privées. — Assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables (nombre d’assistés, taux de l’allocation).

Le bureau d’assistance médicale gratuite secourt 120 indigents (1927). Le budget comportait, en 1927, 1.063 fr. pour l’assistance aux femmes en couches, 2.187 fr. pour les vieillards, 32.100 fr. pour l’assistance médicale.

16. — Religion : Etablissements et ministres des divers cultes. Nombre de personnes appartenant aux divers cultes. — Eglises ou chapelles fermées à la suite de la loi de Séparation. — Congrégations expulsées.

Un curé et un vicaire à Miramas-Gare; patronages de garçons et de jeunes filles. Un curé à Miramas-village.

17. — Situation politique : Résultats des élections législatives en 1877, 1910, 1928 (nombre de voix obtenues par les concurrents; étiquettes politiques).

Résultats des élections législatives de 1877 : Labadié, 191 voix; Prat, 63; de 1910 : André, 229 voix; Félix, 18; Pelletan, 349; de 1928 : Albertin, 577 voix; Francou, 188; Vidal, 135.

18. — Moeurs, Coutumes locales, etc. : Coutumes locales; particularités des costumes; fêtes civiles et religieuses; sociétés locales (musique; pompiers; gymnastique); clubs et cercles (nombre des adhérents); débits de boissons.

On rencontre encore quelques personnes âgées portant le costume arlésien. — Société “l’Avenir de Miramas”; Société des “Tambours et Clairons”; deux Sociétés de foot-ball. – Fête à Miramas-Gare le dernier dimanche de juillet; à Miramas-le-Vieux, le dernier dimanche d’août.

IV. ETUDE ECONOMIQUE

19. — Agriculture : Superficie du territoire cultivé, inculte, des pâturages (modifications au XIXème siècle). — Régime de la propriété : domaines agricoles et modes d’exploitation (faire valoir direct, métayage, fermage). — Evolution des cultures au XIXème siècle (cultures abandonnées et nouvelles). — Superficies actuelles des diverses cultures. — Procédés locaux de cultures : engrais, rotations usuelles, machines agricoles (du pays, foraines), irrigations (syndicats d’arrosants), endiguements. — Syndicats agricoles. — Moulin à huile (nombre douvriers, production).

Dans la Crau, terre très perméable, argileuse et silico-ferrugineuse, mélangée à des cailloux granitiques; le sol arable, peu épais, recouvre un poudingue très résistant. Ailleurs, les sols cultivables se concentrent dans les vallons. Ont été abandonnées les cultures de la garance et du chardon. En 1912 : 402 ha. de terrres labourables, 150 ha. de prés naturels, 150 ha. de vignes, 50 ha. de cultures maraîchères, 579 ha. de cultures diverses, 520 ha; de landes et terres incultes. En 1930 : territoire cultivé, 1206 ha;; territoire inculte, 4 ha.; pâturages, 400 ha. Les rotations usuelles sont : blé, une année; sainfoin ou vesces, l’année suivante. Les grains rendent 20 hectol. à l’ha. pour le blé, 30 hectol. pour l’avoine, 35 hectol. pour l’orge; le rendement est de 15 hectolitres pour la vigne. La récolte moyenne atteignait,au début du siècle, 12.000 hectol. de blé, 250 hectol. d’orge, 1.500 hectol. d’avoine, 2.500 hectol. de vin, 3.000 kilos de cocons frais. — La commune est propriétaire des canaux d’arrosages dérivés de la Durance par le canal des Alpines et le canal de Craponne. Les superficies irriguées étaient, en 1912, de 400 ha.; en 1930, de 534 ha.; prairies, cultures maraîchères, oliveraies. — Syndicat agricole de Miramas, 1903, 65 membres. On emploie les machines perfectionnées et les engrais chimiques.

20. — Elevage : Indications générales. Nombre de têtes de bétail à diverses dates.

En 1912 : 115 chevaux, 90 mulets, 30 ânes, 25 vaches, 5.800 ovins, 50 chèvres, 200 porcs. En 1930 : 101 bovins, 7.597 ovins, 314 porcs. Transhumance des ovins vers les Hautes-Alpes et l’Isère par voie ferrée.

21. — Forêts : Bois privés, bois communaux, bois domaniaux (superficie, essences, 1820, 1911, 1930).

Bois peu étendus : 10 hectares, propriété privée; mais la garrigue occupe une part assez importante de la superficie de la commune : cyste, romarin, argelas.

22. — Industrie : Industries disparues, nouvelles. — Nombre d’ouvriers, importance et valeur de la production à diverses dates. — Pêche.

Subsistent deux moulins à farine assez anciens. Se sont établies à Miramas : une fabrique d’explosifs et de mèches de sûreté pour mines, une sécherie de morue, une usine électrique. Ont disparu à la fin du XIXème siècle une fabrique de tuiles et briques, et l’industrie de la taille brute des cailloux de la Crau pour le pavage des villes.

23. — Commerce : Voies de communications : routes, chemins de fer. — Foires et marchés (dates, nature et importance des transactions). — Trafic de la gare du chemin de fer. — Ports et commerce maritime (bref résumé, cet article étant traité ailleurs en détail).

La commune est desservie par les chemins vicinaux de Miramas à Entressen, à Croix-de-Crau, à Merle, à Grans; par une route allant d’une part vers port-de-Bouc, de l’autre vers Rognac. Miramas est une gare importante de triage, sur la voie ferrée de Marseille à Lyon, et sert de point de départ à une voie vers Port-de-Bouc, et à une autre vers Salon. — Un marché journalier depuis 1903; deux foires depuis 1875, le 20 avril et le 20 novembre.

V. — FINANCES

24. — Budget communal : Chiffres globaux des recettes et des dépenses en 1820, 1911 et 1930. — Revenus communaux (énumération sommaire et chiffres). — Centimes additionnels : valeur, nombre. — Dette : chiffre global.

Budget communal en 1821 : recettes, 2.444 fr.; dépenses, 2.212 fr.. En 1911, le budget est en équilibre avec 43.788 fr. de dépenses et de recettes;les principaux revenus communaux provenaient de : la taxe sur les chiens, 500 fr.; la taxe d’arrosage, 7.250 fr.; concessions d’eau potable, 1.300 fr.; droit de vidange, 950 fr.; concessions d’eau à l’industrie, 1.360 fr. Centimes additionnels en 1911 : 131,18, le centime valant 158 fr. 938;dette, 100.045 fr. En 1927, recettes, 1.087.212 fr.; dépenses, 996.180 fr.; en 1930, recettes, 2.350.215 fr.; dépenses, 1.501.956 francs; aucun revenu particulier. Centimes additionnels en 1930 : nombre, 501,59; valeur, 447 fr. 07. Les intérêts de la dette exigeaient, en 1930, une annuité de 124.844 francs.

 

 

Collaborateurs. — Questionnaire de 1911, (soigné). — Premier essai de rédaction de M. R. Carré. – Questionnaire partiel de 1932.

Dictionnaire historique et topographique de la Provence

Ruine dans le village
(carte postale, collection personnelle)

Article « Miramas », tiré duDictionnaire historique et topographique de la Provence, ancienne et moderne, d’Etienne GARCIN (1835).

MIRAMAS. Village du canton de Salon, à 7 lieues et quart d’Aix, près de l’étang de Berre, ou plutôt de Saint-Chamas. C’était autrefois une ville fortifiée ; la voie romaine passait dans son territoire. On y a découvert plusieurs pierres milliaires et des tombeaux antiques. En 1590, le duc de Savoie prit cette ville, la détruisit, et les pierres servirent à bâtir le fort où il se retrancha. Le village actuel est renfermé dans ce fort. Le territoire, très fertile, est arrosé par les canaux de Craponne et de Boisgelin. On y recueille du blé, des fruits et des olives ; on y élève des vers à soie ; on y nourrit beaucoup de troupeaux ; on y trouve beaucoup de pastel et de kermès pour la teinture, ce qui attire de l’argent au pays. Les collines sont argileuses, et offrent des dendrites en quantité. Popul. 510 hab.

Ruine dans le village (carte postale, collection personnelle)

Ruine dans le village
(carte postale, collection personnelle)

Statistique du département des Bouches-du-Rhône

Vue générale de Miramas-le-Vieux
(carte postale, collection personnelle)

Description tirée des Statistique du département des Bouches-du-Rhône, publié sous la direction de Christophe de Villeneuve, préfet de département, 1821-1829, pages 1017 à 1019.

 

Vue générale de Miramas-le-Vieux (carte postale, collection personnelle)

Vue générale de Miramas-le-Vieux
(carte postale, collection personnelle)

Commune de Miramas — Castrum Mirimaris vel de Miromari — Miramas –.

 
Les vestiges du séjour des Romains sont nombreux dans le territoire. La voie Aurélienne y passait, et on y a trouvé plusieurs pierres milliaires qui, malheureusement, n’ont pas été conservées. Au temps des Sarrasins, les habitans de la plaine se retirèrent sur la hauteur où est aujourd’hui le village et s’y fortifièrent. Le château et la seigneurie furent compris dans le domaine des vicomtes de Marseille. En 1069, Pons, fils de Guillaume IV, vicomte de Marseille, confirma à l’abbaye de S-Victor tout ce que son frère Geoffroi avait donné à cette abbaye, pour en jouir après sa mort dans le castel de Miramas. Des portions de cette seigneurie avaient été distraites et aliénés en faveur d’une maison qui portait le nom du pays. Un nommé Guillelmus de Miromari figure dans des actes de 1228, 1230, 1238. Ugo de Miromari était chanoine d’Arles en 1250. L’abbaye de St-Victor avait cédé, à ce qu’il parait, ses droits à celle de Mont-Majour : car, le 16 juin 1222, Guillaume de Bonils, abbé de Mont-Majour, et ses moines, cédèrent pour dix ans, à titre d’engagement, au podestat et au conseil de la ville d’Arles, le château de Miramas et toutes ses dépendances, pour la somme de 30.000 sous raimondins neufs, à condition que la commune d’Arles ne pourrait se servir de ce château pour faire la guerre à Raimond de Baux, seigneur de Berre et d’Istres, à moins que celui-ci ne fût lui-même l’agresseur. Cet acte renferme de plus la vente d’une certaine quantité de bétail et de denrées que les moines avaient alors à Miramas (1). Après les dix ans, l’abbaye de Mont-Majour rentra en possession. L’abbé était encore seul prieur et seigneur de Miramas à l’époque de la révolution, et ce prieuré lui rapportait plus de 12.000 livres.
 
L’ancien château fut assiégé par le duc de Savoie, et se rendit par capitulation le 6décembre 1590. Ce prince détruisit la ville et se servit des démolitions pour construire un fort où il se retrancha. Les habitans se retirèrent à St-Chamas. Le village actuel est renfermé dans le fort dont les remparts sont en ruine. Il est situé sur un mamelon qui domine l’anse Nord-Ouest de l’étang de Berre. On ne peut donner le nom de rues aux passages étroits et tortueux qui séparent les maisons. La pente de tous ces passages est si roide que les bêtes de somme peuvent à peine la gravir. L’église, qui s’était écroulée durant la révolution, a été rebâtie en 1821: le presbytère aurait besoin de l’être; et l’hôtel de ville n’est pas en meilleur état, quoiqu’il appartienne au gouvernement, auquel la commune fait une rente de 36 francs pour ce local. La seule fontaine qui existe à Miramas est au bas de la colline, et elle a besoin aussi de grandes réparations. La fête votive du lieu est celle de St-Julien, qui se célèbre le 28 août.
 
Le territoire de Miramas est de 2.474 hectares, dont la moitié, à peu près, est en bois rampant avec quelques taillis de chênes verts. La commune n’a plus aucune propriété sur ces bois, mais elle jouit du pacage depuis la mi-carême jusqu’à la St-Michel, et du bûcherage toute l’année. Le sol cultivable se compose de vallons et de plusieurs bassins en pratiquant des canaux dans le grès coquillier. Ces canaux souterrains ont trois mètres de hauteur et une longueur variable qui est quelques fois de plus d’un kilomètre. Les eaux passent d’un bassin à l’autre et finissent par se rendre dans l’étang de St-Chamas. Les principaux de ces bassins sont ceux de Pougnones, de Cabasse, de Barben, etc. Le travail de ces canaux est prodigieux. Tout a été fait au pic, et il n’y a ni revêtement, ni maçonnerie. Plusieurs personnes les attribuent aux Romains, et il faut avouer qu’ils paraissent au-dessus des forces et des moyens de l’abbaye de Mont-Majour, quelque riche qu’on la suppose.
 
Les canaux de Craponne et de Boisgelin arrosent une partie du territoire de Miramas. L’huile est la principale production du pays. Les amandiers se multiplient depuis quelques années. Il y a peu de blé et de vin. Le kermès est en grande abondance ainsi que le pastel; mais ce dernier article est négligé. On exploite plusieurs carrières de pierres à bâtir qui sont d’un grain plus grossier que celles des pays environnans. Les excavations de ces carrières sont couvertes de nitre.
 
Les habitans du village sont bergers ou cultivateurs. Ils sont forts et laborieux; ils passent pour aimer la bonne chère, et ils se réunissent volontiers aux cabarets le dimanche et les jours de fête. Cette population ne fréquente guère ses voisins, et il en résulte une certaine rudesse dans les manières. la population de la commune est de 489 habitans dont 316 au village, 10 au château de Cabasse et 163 disséminés dans le territoire.

Recettes

ordinaires en 1821

1386 f 93 c

extraordinaires

1057 f 41 c

Total

2444 f 34 c

Dépenses

ordinaires

1313 f 31 c

extraordinaires

899 f 67 c

Total

2212 f 98 c

Boni

231 f 36 c

—-
(
1) Anibert, Mém. Hist. et Critiq., etc. tom. III, pag. 25.