Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône

Cette description de Miramas provient du tome VIII de l’Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône consacré aux monographies communales. Par le biais d’enquêtes et de lettres circulaires envoyées en 1911 et 1932, les instituteurs, les secrétaires de mairie, ou même de simples correspondants eurent à répondre à un questionnaire sur leur commune composé de 24 questions élaborées par les rédacteurs de l’encyclopédie, avec l’appui de l’administration préfectorale.

Vue générale (carte postale, collection personnelle)

Vue générale
(carte postale, collection personnelle)

 

I. — HISTORIQUE

1. — Origines, Antiquité : Nom de la commune, étymologie. Vestiges préhistoriques. Etat du lieu à l’époque romaine.

Miramare (1214), Miromari (1230), Miromaris. Etymologie possible : mirare-mar, voir la mer. Le nom s’appliquait d’abord au hameau actuel de Miramas-le-Vieux, perché sur un mamelon d’où on découvre une vue magnifique sur l’étang de Berre. Miramas actuel n’était qu’une ferme isolée au milieu d’une prairie et portait le nom de Paty; en 1837 elle fut restaurée et prit le nom de Constantine, en souvenir de la prise de la ville algérienne. L’établissement de la voie ferrée provoqua la naissance d’une petite ville qui, en 1893, prit le nom officiel de Miramas. — Sur le territoire, on a trouvé, jadis, des bornes milliaires aujourd’hui disparues; la Voie Aurélienne le traversait.

2. — Moyen Age : Etat féodal, administratif, ecclésiastique, communal, économique; faits historiques.

Au Moyen-Âge, les habitants du terroir se retirèrent sur la hauteur de Miramas-le-Vieux et s’y fortifièrent. Le château et la seigneurie appartinrent aux vicomtes de Marseille qui firent des concessions aux moines de Saint-Victor (donations de Geoffroy, de Pons en 1069). Saint-Victor dut céder ses droits à l’abbaye de Montmajour, car, en 1222, l’abbé de Montmajour et ses moines cèdent le château de Miramas et ses dépendances au podestat de la ville d’Arles pour dix ans. Après ce laps de temps, l’abbé rentra en possession de Miramas et ce jusqu’à la Révolution. Au XIIIème siècle, des portions de la seigneurie avaient été aliénées en faveur d’une maison qui portait le nom du pays : un Guillemus de Miromari figure dans les actes de 1228, 1230, 1238; un Ugo de Miromari était chanoine d’Arles en 1250.

3. — Temps modernes : Histoire aux temps modernes; état économique à la veille de la Révolution.

En 1590, le château fut assiégé et détruit par le duc de Savoie; les habitants se retirèrent à Saint-Chamas.

4. — Période contemporaine : Révolution; vente des biens nationaux. — Faits saillants postérieurs à 1800. Création de la commune si elle a eu lieu après 1790. — Variation du territoire de la commune de 1790 à 1930.

Les ventes de biens nationaux portèrent sur 69 lots dont 52 de biens ecclésiastiques. Le curé de Miramas, Julien Couture, auteur de travaux scientifiques, parmi lesquels un « traité de l’Olivier », prêta serment à la Constitution civile et prit la direction du séminaire d’Aix. — Lors de la création de la gare à Constantine, en 1847, beaucoup d’habitants quittèrent le vieux village; Constantine eut une église en 1861, une cure en 1868, et en 1893 l’hôtel de ville fut transféré de Miramas-le-Vieux à Miramas-Gare. Miramas, qui avait d’abord été englobé dans le canton de Saint-Chamas en 1790, est passé à celui de Salon en l’an X.

5. — Monuments : Anciens, modernes et contemporains.

A Miramas-le-Vieux, église romane à abside ogivale, restaurée en 1821, dédiée à Notre-Dame de Beauvezet et à Saint Vincent; elle renferme le sépulcre de Biord, chef de la ligue arlésienne, mort en 1592. — Au cimetière, chapelle de Saint-Julien, c’est la paroisse primitive; on descend dans la nef par sept marches, les sièges des fidèles sont formés de longs blocs de pierre; l’autel principal a un rétable en bois encadrant une peinture représentant Saint Jullien en soldat romain, le faucon au poing. Ce monument a été classé en 1930. — Chapelle de Sainte-Croix, en ruines. Buste du botaniste Castagne. — A Miramas-Gare, église construite de 1862 à 1872 dans le style du XIIIème siècle, dédiée à Saint Louis, roi.

6. — Notes biographiques : Hommes remarquables nés dans la localité ou qui s’y sont distingués (brèves indications, date de la naissance et de la mort; s’il y a lieu, renvoi au Dictionnaire biographique de la publication). — Archives : Consistances du fond; date des plus anciennes délibérations,des plus anciens registres paroissiaux.

Castagne, botaniste, maire de Miramas, au milieu du XIXème siècle.

II. — GEOGRAPHIE

7. — Description : Particularités géographiques (curiosités naturelles), climatériques, biogéographiques, du territoire; nom et emplacement des divers quartiers.

Commune de 2.509 hectares, dont la partie occidentale empiète sur la Crau; tout le Sud et l’Est du territoire est couvert de collines calcaires à maigre végétation, encadrant des vallons et des bassins dont l’écoulement a été assuré par des canaux souterrains conduisant les eaux à l’étang de Saint-Chamas, canaux très anciens que les uns attribuent aux moines de Montmajour, les autres aux Romains. Altitude maxima, au Sud, 126 mètres; minima au Nord, 47 mètres.

8. — Topographie : Structure et déplacements des agglomérations.

Miramas est à 39 kilomètres d’Aix, à 54 kil. de Marseille, par 73 mètres d’altitude; c’est une petite ville neuve aux rues bien alignées. Miramas-le-Vieux est un mamelon dominant l’anse Nord-Ouest de l’étang; c’est un village entouré par les ruines d’un fort construit par le duc de Savoie; les ruelles y sont étroites et tortueuses. Les principaux quartiers de la commune sont : au Nord-Ouest, la Péronne, Font-Longue, Molières; au Nord, Arenier, Mourre-Blanc, Cabasse, Tartagu; au centre, Pélouquin, Taussanne, Saint-Martin, Coussié, Guérin; au Sud, les Madeleines, Mourette, Sainte-Croix, le Châtaignier, Canade, Corrèges.

III. — POPULATION

9. — Chiffres totaux : Population totale, agglomérées,éparse, en 1820, 1851,1911,1926, 1931. Nombre et nationalité des étrangers.

1820

1851

1896

1926

1931

—-

—-

—-

—-

—-

Population totale

489

669

2.129

5.161

5.922

Population agglomérée

316

272

4.532

4.675

Population éparse

173

397

629

1.247

Etrangers en 1851, 6; en 1930, 620.

10. — Mouvement : Natalité, nuptialité, divorces, mortalité.

En 1928, 1929, 1930 : naissances, 94, 113, 125; mariages, 24, 26, 33; divorces, 0, 2, 1; décès 53, 42, 50.

11. — Santé publique, Hygiène : Appréciation générale de l’état sanitaire, morbidité, épidémes; médecins, pharmaciens, sages-femmes. — Nombre de maisons en 1851, en 1911, en 1931; hygiène de l’habitation. — Alimentation en eau potable, adductions d’eau (dates, quantités, valeur au point de vue hygiénique). Eclairage électrique.

Climat salubre; état sanitaire satisfaisant quoique le choléra ait fait son apparition en 1832, 1854, 1884, 1885. Deux docteurs, deux sages-femmes, deux pharmaciens. — En 1851, 159 maisons; en 1930, 987, dont 281 construites depuis la fin de la guerre. L’eau potable est fournie par des eaux de puits refoulées dans un bassin d’alimentation. Miralas-le-Vieux est alimenté par les eaux de la source de Fontvieille. Le chef-lieu est éclairé à l’électricité depuis 1904; le projet d’électrification des campagnes est en cours.

12. — Instruction, état intellectuel : Ecoles : population (féminine et masculine). Fréquentation scolaire. — Ecoles disparues par suite de la loi sur les associations (nombre de leurs élèves). — Conscrits : nombre d’illettrés, degré d’instruction. — Bibliothèques, groupements littéraires, etc.

A Miramas-Gare : école publique de garçons, 10 classes, 354 élèves; école de filles, 10 classes, 344 élèves; école maternelle, 4 classes, 106 garçons, 104 filles; école libre de garçons; école libre de filles; classe enfantine libre; jardin d’enfants. A Miramas-village : école publique de garçons, 32 élèves; école de filles, 46 élèves. A Fontlongue,école diocésaine pour vocations tardives. A Miramas-Gare, école de préapprentissage créée en 1927. Fréquentation scolaire bonne.

13. — Travail : classement par professions (1851, 1911). Professions exercées par les étrangers (non Français, étrangers à la localité). — Syndicats ouvriers.

Population de propriétaires cultivateurs dans l’ensemble de la commune; à Miramas-Gare, population d’employés de chemin de fer et d’ouvriers. — Syndicat national des travailleurs des chemins de fer, créé en 1907, 20 membres. Syndicat des mécaniciens et chauffeurs des chemins de fer, 1906, 25 membres.

14. — Mutualités; Coopératives : Objet; nombre d’adhérents; budget, etc.

Société coopérative d’alimentation des employés des chemins de fer, 1892, 400 membres; 500.000 francs d’affaires en 1927. Société coopérative de crédit agricole, 1905, 45 membres, 42.000 fr. d’affaires; possède des silos à blé.

15. — Assistance : Dépenses d’assistance inscrites au bugdet communal. — Bureau de bienfaisance (budget, nombre d’assistés). — Hôptaux et hospices (date de la fondation, budget, origine des malades, leur nombre, maladies traitées). — Asiles d’aliénés publics et privés. — Oeuvres d’assistance privées. — Assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables (nombre d’assistés, taux de l’allocation).

Le bureau d’assistance médicale gratuite secourt 120 indigents (1927). Le budget comportait, en 1927, 1.063 fr. pour l’assistance aux femmes en couches, 2.187 fr. pour les vieillards, 32.100 fr. pour l’assistance médicale.

16. — Religion : Etablissements et ministres des divers cultes. Nombre de personnes appartenant aux divers cultes. — Eglises ou chapelles fermées à la suite de la loi de Séparation. — Congrégations expulsées.

Un curé et un vicaire à Miramas-Gare; patronages de garçons et de jeunes filles. Un curé à Miramas-village.

17. — Situation politique : Résultats des élections législatives en 1877, 1910, 1928 (nombre de voix obtenues par les concurrents; étiquettes politiques).

Résultats des élections législatives de 1877 : Labadié, 191 voix; Prat, 63; de 1910 : André, 229 voix; Félix, 18; Pelletan, 349; de 1928 : Albertin, 577 voix; Francou, 188; Vidal, 135.

18. — Moeurs, Coutumes locales, etc. : Coutumes locales; particularités des costumes; fêtes civiles et religieuses; sociétés locales (musique; pompiers; gymnastique); clubs et cercles (nombre des adhérents); débits de boissons.

On rencontre encore quelques personnes âgées portant le costume arlésien. — Société « l’Avenir de Miramas »; Société des « Tambours et Clairons »; deux Sociétés de foot-ball. – Fête à Miramas-Gare le dernier dimanche de juillet; à Miramas-le-Vieux, le dernier dimanche d’août.

IV. ETUDE ECONOMIQUE

19. — Agriculture : Superficie du territoire cultivé, inculte, des pâturages (modifications au XIXème siècle). — Régime de la propriété : domaines agricoles et modes d’exploitation (faire valoir direct, métayage, fermage). — Evolution des cultures au XIXème siècle (cultures abandonnées et nouvelles). — Superficies actuelles des diverses cultures. — Procédés locaux de cultures : engrais, rotations usuelles, machines agricoles (du pays, foraines), irrigations (syndicats d’arrosants), endiguements. — Syndicats agricoles. — Moulin à huile (nombre douvriers, production).

Dans la Crau, terre très perméable, argileuse et silico-ferrugineuse, mélangée à des cailloux granitiques; le sol arable, peu épais, recouvre un poudingue très résistant. Ailleurs, les sols cultivables se concentrent dans les vallons. Ont été abandonnées les cultures de la garance et du chardon. En 1912 : 402 ha. de terrres labourables, 150 ha. de prés naturels, 150 ha. de vignes, 50 ha. de cultures maraîchères, 579 ha. de cultures diverses, 520 ha; de landes et terres incultes. En 1930 : territoire cultivé, 1206 ha;; territoire inculte, 4 ha.; pâturages, 400 ha. Les rotations usuelles sont : blé, une année; sainfoin ou vesces, l’année suivante. Les grains rendent 20 hectol. à l’ha. pour le blé, 30 hectol. pour l’avoine, 35 hectol. pour l’orge; le rendement est de 15 hectolitres pour la vigne. La récolte moyenne atteignait,au début du siècle, 12.000 hectol. de blé, 250 hectol. d’orge, 1.500 hectol. d’avoine, 2.500 hectol. de vin, 3.000 kilos de cocons frais. — La commune est propriétaire des canaux d’arrosages dérivés de la Durance par le canal des Alpines et le canal de Craponne. Les superficies irriguées étaient, en 1912, de 400 ha.; en 1930, de 534 ha.; prairies, cultures maraîchères, oliveraies. — Syndicat agricole de Miramas, 1903, 65 membres. On emploie les machines perfectionnées et les engrais chimiques.

20. — Elevage : Indications générales. Nombre de têtes de bétail à diverses dates.

En 1912 : 115 chevaux, 90 mulets, 30 ânes, 25 vaches, 5.800 ovins, 50 chèvres, 200 porcs. En 1930 : 101 bovins, 7.597 ovins, 314 porcs. Transhumance des ovins vers les Hautes-Alpes et l’Isère par voie ferrée.

21. — Forêts : Bois privés, bois communaux, bois domaniaux (superficie, essences, 1820, 1911, 1930).

Bois peu étendus : 10 hectares, propriété privée; mais la garrigue occupe une part assez importante de la superficie de la commune : cyste, romarin, argelas.

22. — Industrie : Industries disparues, nouvelles. — Nombre d’ouvriers, importance et valeur de la production à diverses dates. — Pêche.

Subsistent deux moulins à farine assez anciens. Se sont établies à Miramas : une fabrique d’explosifs et de mèches de sûreté pour mines, une sécherie de morue, une usine électrique. Ont disparu à la fin du XIXème siècle une fabrique de tuiles et briques, et l’industrie de la taille brute des cailloux de la Crau pour le pavage des villes.

23. — Commerce : Voies de communications : routes, chemins de fer. — Foires et marchés (dates, nature et importance des transactions). — Trafic de la gare du chemin de fer. — Ports et commerce maritime (bref résumé, cet article étant traité ailleurs en détail).

La commune est desservie par les chemins vicinaux de Miramas à Entressen, à Croix-de-Crau, à Merle, à Grans; par une route allant d’une part vers port-de-Bouc, de l’autre vers Rognac. Miramas est une gare importante de triage, sur la voie ferrée de Marseille à Lyon, et sert de point de départ à une voie vers Port-de-Bouc, et à une autre vers Salon. — Un marché journalier depuis 1903; deux foires depuis 1875, le 20 avril et le 20 novembre.

V. — FINANCES

24. — Budget communal : Chiffres globaux des recettes et des dépenses en 1820, 1911 et 1930. — Revenus communaux (énumération sommaire et chiffres). — Centimes additionnels : valeur, nombre. — Dette : chiffre global.

Budget communal en 1821 : recettes, 2.444 fr.; dépenses, 2.212 fr.. En 1911, le budget est en équilibre avec 43.788 fr. de dépenses et de recettes;les principaux revenus communaux provenaient de : la taxe sur les chiens, 500 fr.; la taxe d’arrosage, 7.250 fr.; concessions d’eau potable, 1.300 fr.; droit de vidange, 950 fr.; concessions d’eau à l’industrie, 1.360 fr. Centimes additionnels en 1911 : 131,18, le centime valant 158 fr. 938;dette, 100.045 fr. En 1927, recettes, 1.087.212 fr.; dépenses, 996.180 fr.; en 1930, recettes, 2.350.215 fr.; dépenses, 1.501.956 francs; aucun revenu particulier. Centimes additionnels en 1930 : nombre, 501,59; valeur, 447 fr. 07. Les intérêts de la dette exigeaient, en 1930, une annuité de 124.844 francs.

 

 

Collaborateurs. — Questionnaire de 1911, (soigné). — Premier essai de rédaction de M. R. Carré. – Questionnaire partiel de 1932.